Des comités locaux des Soulèvements de la Terre viennent de publier un appel invitant à se saisir de la question du photovoltaïque sur sol vivant. Leur texte circule actuellement dans plusieurs territoires confrontés à des projets de parcs solaires au sol..

Pourquoi cette tribune est intéressante ?
Parce qu’elle pose des questions simples, presque évidentes, que l’on évite trop souvent :
- Pourquoi installer des panneaux sur des terres agricoles, forestières ou naturelles alors que des milliers d’hectares de toitures, de parkings et de zones déjà artificialisées restent disponibles ?
- Qui décide réellement de l’usage des terres ?
- Qui encaisse les bénéfices ?
- Que devient la vocation nourricière ou écologique de ces sols sur trente ans ?
- Quelle concertation réelle avec les habitants ?
Extraits choisis
Sur le terme “agrivoltaïsme”
« Ce néologisme est une pure invention marketing qui permet de diffuser l’idée que l’articulation entre agriculture et photovoltaïque est possible, voire vertueuse, alors que cela modifiera, in fine, la production agricole même. »
Sur l’usage des terres agricoles
« Les montages du foncier sont divers : location, achat, concession… l’idée principale étant de prendre un maximum de place pour un maximum de production au détriment de la vocation première de ces terres et des personnes les travaillant. »
Sur l’avenir des terres après 30 ans
« Après 30 ans d’exploitation photovoltaïque, comment assurer le démantèlement du parc ? Comment s’assurer que son entretien et sa maintenance resteront à la charge de l’entreprise qui l’a installé ? Quelle valeur aura l’installation pour la génération suivante ? »
L’appel parle d’« accaparement des terres », de spéculation foncière, de fragilisation du monde paysan, d’industrialisation des campagnes sous couvert de transition énergétique. On peut discuter les mots, mais on ne peut pas balayer les questions. Il rappelle également un point que beaucoup préfèrent passer sous silence : le développement des énergies renouvelables ne dispense pas de réfléchir à la sobriété, ni à l’organisation démocratique de la production énergétique.
« La financiarisation du foncier agricole éloigne toujours plus la culture des terres de l’activité vivrière, au profit de fermes et champs transformés en véritables usines. Dans dix ans, la moitié des exploitants agricoles de France va partir à la retraite. Concrètement, près d’un quart de la surface du territoire national va changer de main.«
A Nort-sur-Erdre, notre opposition au projet autour du Caprice et au Pré des Noues ne relève pas d’un mot d’ordre national. Elle est ancrée dans une réalité locale : 12 hectares de panneaux au cœur d’un paysage vivant, agricole, habité. Mais les interrogations soulevées par cet appel dépassent notre seul territoire.
Le débat ne peut pas être réduit à « pour ou contre le solaire ».
La vraie question est : où, comment, au bénéfice de qui, et à quel prix pour le vivant ?
Les Soulèvements de la Terre. Qui sont-ils ?
Il s’agit d’un mouvement écologiste né en 2021, rassemblant des collectifs locaux, des organisations paysannes et des militants engagés dans des luttes foncières et environnementales. Ils interviennent principalement sur des projets qu’ils jugent destructeurs pour les terres agricoles, les zones naturelles ou les ressources communes. Leur mode d’action est souvent assumé comme conflictuel. Leur parole, elle, s’inscrit dans un débat plus large sur l’industrialisation des territoires ruraux.
Note de publication
Le texte ci-dessus est publié à titre documentaire. Il n’engage que ses auteurs.
Nous ne sommes affiliés à aucune organisation politique ou mouvance nationale.
Si nous relayons certains points de vue, c’est parce qu’ils posent des questions utiles à la compréhension du projet local.
Notre démarche reste indépendante et ancrée ici.
