NIMBY. Pratique. Ça évite de répondre sur le fond.
On nous balance le mot comme une insulte. Alors posons les choses clairement. Être traité de NIMBY, c’est souvent le dernier argument de ceux qui n’en ont plus. Quand les chiffres gênent (le poids du chantier, son empreinte carbone, ses kilomètres de panneaux), que les impacts locaux sont documentés et que les habitants connaissent leur territoire mieux que les porteurs de projets, on dégaine l’étiquette. Fin de la discussion.
Sauf que nous ne refusons pas l’intérêt général. Nous refusons qu’on le définisse sans nous.
Un NIMBY, c’est quelqu’un qui regarde de près
Nous, on vit là. On marche dans ces champs, on voit les bêtes, les haies, l’eau qui stagne, le sol qui craque l’été. On sait où passent les chevreuils, où nichent les oiseaux, où l’eau remonte après les pluies. Ce savoir-là, il ne sort pas d’un Webinaire.
Montre-moi pourquoi ICI, route de Languin, plutôt qu’ailleurs.
Montre-moi que ce n’est pas plus simple, plus rentable, plus discret ailleurs: sur les toitures, les hangars, les friches industrielles, les carrières désaffectées… Montre-moi que ce n’est pas juste parce que le terrain est disponible et les opposants dispersés.



L’argument NIMBY sert surtout à écraser les faibles
Soyons honnêtes. Les projets dits “d’intérêt général” atterrissent rarement dans les quartiers riches, dans les paysages déjà protégés, chez ceux qui ont des avocats et des relais médiatiques.
Ils atterrissent là où ça se voit le moins, route de Languin, très loin de Nord-sur-Erdre, à la limite de la commune de Saffré. Appeler ça du NIMBY, c’est maquiller un rapport de force.
Défendre son arrière-cour, c’est défendre du concret
Quand on sacrifie 12 hectares de terres agricoles, des paysages, de la biodiversité, des équilibres hydriques au nom du climat, on ne sauve pas la planète : on déplace les dégâts. Un projet vraiment écologique supporte la critique locale. S’il ne la supporte pas, c’est qu’il a un problème.
Traiter les opposants de NIMBY, c’est…
…refuser de regarder ce que coûte réellement la transition — et à qui.
Alors oui, s’il faut un mot : nous sommes NIMBY.
Mais pas Not In My Back Yard. Plutôt : Not Without My Voice.
